Série de portraits de chargé.e.s de projet engagé.e.s: Lina Boukrif

Clémence Duranleau-Hendrickx

Publié le October 28, 2021

L’équipe du Blogue Plume Légale a eu l’idée, il y a quelques semaines, de mener des entrevues avec les différent.e.s chargé.e.s de projet de la Clinique juridique de Saint-Michel dans le but de mettre en lumière ces personnes qui se dévouent pour une justice plus accessible pour tous et pour toutes…

 

Illustration par Emma Bourgeault

Texte corrigé par Gabrielle Daigneault-Demers

 

Clémence Duranleau-Hendrickx (C.D.H.):  Salut Lina, peux-tu te présenter en quelques phrases?

Lina Boukrif (L.B.): Oui! Je m’appelle Lina et j’ai 22 ans. Je viens de terminer ma deuxième année de droit à l’Université de Montréal. En quelques mots, je dirais que je suis quelqu’un de très engagé et que j’ai une grande sensibilité pour tous les enjeux sociaux et légaux. C’est ce qui m’a amenée à opter pour le droit.

C.D.H.: Pourquoi et comment as-tu décidé de t’impliquer au sein de la Clinique juridique de Saint-Michel (ci-après, clinique)?

L.B.: C’est mon amie Rhita Harim, coordonnatrice à la clinique depuis le début, qui m’a parlé de l’opportunité de bénévolat pour la clinique et qui m’a invitée à la soirée de lancement où j’ai pu rencontrer plusieurs autres bénévoles et professionnels. Par la suite, j’ai décidé de m’y impliquer parce que, même si c’est cliché et qu’on s’attend toujours à cette réponse, c’est vraiment l’accès à la justice qui m’a amenée à étudier en droit et je pense que les cliniques juridiques font vraiment partie de la solution pour permettre une justice plus accessible pour tous et pour toutes. J’avais également pu constater, lors de la soirée de lancement, à quel point il y a une belle ambiance et une belle équipe très diversifiée, des gens de tout plein d’horizons et de tout plein d’origines, qui pratiquent dans plein de domaines de droit. Ça m’a vraiment attirée puisque j’ai réellement senti que la clinique était un endroit où la différence était célébrée et où tout le monde se sent bien et accueilli. Cette ouverture m’a vraiment marquée et a également renforcé mon envie de m’impliquer.

J’ai commencé mon bénévolat à peu près en janvier 2020. J’ai d’abord été bénévole dans le comité médias et dans le blogue, puis responsable du projet Éducaloi. Ensuite, en août 2020, j’ai eu la chance d’obtenir un poste comme chargée de projet pour Touche pas à mes droits. Je suis vraiment contente et reconnaissante d’avoir pu commencer comme étudiante bénévole et maintenant d’y avoir mon emploi étudiant. 

C.D.H: Peux-tu nous présenter ton projet?

L.B.: Mon projet s’intitule Touche pas à mes droits et il est en collaboration avec la Ville de Montréal. C’est une initiative de la clinique et du Forum jeunesse de Saint-Michel pour créer du contenu juridique et donner de l’information juridique concernant le profilage racial. Le profilage racial est un phénomène qui existe aussi ici au Canada, au Québec, même si on peut parfois penser que c’est quelque chose qui arrive seulement aux États-Unis. Avec la foulée du mouvement Black Lives Matter et tout ce qui s’est passé après la mort de George Floyd, la clinique a voulu développer un projet et se positionner comme un peu un pilier de la lutte contre le profilage racial à Montréal.

Comme le projet est en partenariat avec le Forum jeunesse de Saint-Michel, on travaille de très près avec cet organisme, notamment en faisant travailler les bénévoles du projet avec les jeunes du Forum. Le projet a plusieurs branches, notamment un podcast. On y invite des avocats, des politiciens, des experts et on utilise cette plateforme pour discuter de différents enjeux qui, au final, se trouvent à être étroitement liés au problème de profilage racial. On aborde ainsi différentes problématiques et différentes thématiques en lien avec le profilage racial. On a également une branche du projet qui sont les formations. Ce sont les bénévoles du projet qui donnent des formations aux jeunes du Forum sur leurs droits en état d’arrestation, sur ce qu’un policier a le droit ou non de faire et plus encore. Finalement, on a également une branche avec des capsules vidéos. Ces vidéos sont faites dans l’objectif de vraiment sensibiliser les jeunes à la problématique du profilage racial. 

En tout, dans le projet et ses trois sous-divisions, on a 14 bénévoles: 4 bénévoles au podcast, 6 bénévoles aux formations et 4 bénévoles aux capsules vidéos. L’équipe est vraiment géniale, ce sont tous et toutes des étudiant.e.s en droit, des personnes brillantes, spontanées et sympathiques. La collaboration avec le Forum jeunesse de Saint-Michel était également très agréable. Il faut vraiment remercier la Ville de Montréal pour son financement, Mohamed Mimoun du Forum jeunesse, Rhita Harim, Neolabs, Me Belton, Me Aldama, tous les étudiants et les étudiantes bénévoles et toutes les personnes qui ont participé à l’élaboration et à la réalisation de ce projet.

C.D. H: Qu’est-ce qui te tient le plus à cœur dans ton projet?

L.B.: C’est vraiment que grâce au projet, grâce au travail des étudiant.e.s et des avocat.e.s bénévoles de la clinique, on peut outiller les jeunes, ceux qui écoutent notre podcast, ceux qui participent à nos formations et ceux qui visionnent nos vidéos pour qu’ils connaissent bien leurs droits. Ils ont des droits et ils doivent pouvoir les faire respecter. Ça vient vraiment me toucher quand on constate directement qu’on vient d’outiller ces jeunes, notamment lorsqu’ils réalisent, par exemple, qu’ils ont droit au silence. Outiller ces jeunes-là, ça fait partie de la solution à un meilleur accès à la justice.

C.D.H.: Comment comptes-tu continuer à œuvrer, dans ta future carrière, pour l’accès à la justice?

L.B.: J’aimerais beaucoup continuer à faire partie de l’équipe de la clinique en tant que future avocate bénévole, en offrant mon aide pour épauler les futur.e.s étudiant.e.s bénévoles. Aussi, dans le cadre de ma carrière, j’aimerais œuvrer dans des milieux plus défavorisés où l’accès à la justice est un plus grand enjeu. Je pense vraiment que mon bagage juridique me permettra d’aider ces communautés qui n’ont pas toujours accès à ce type de ressources. Mes parents ont immigré à Montréal lorsque j’avais deux ans et je sais que dans les communautés immigrantes, souvent, il y a un manque d’informations juridiques. Le milieu du droit de l’immigration m’attire donc beaucoup, notamment en raison de mon propre vécu; je peux comprendre le ressenti de certaines personnes immigrantes et j’espère ainsi pouvoir faciliter leur arrivée et s’assurer qu’elles se sentent bien, protégées et qu’elles comprennent qu’elles ont des droits.

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